1994 - Reconstruire???

Tiré du Héraut N° 85-1994

Au sommaire du dernier Héraut figurait, sous la rubrique "Anciens", le titre suivant: "La Moillettaz (suite et fin)". Ce titre ne faisait qu'introduire le dernier article de la série de Pierre Kuffer sur l'histoire de notre cabane. Nous étions donc loin de nous douter, lorsque cet article a été écrit, que le mot "fin" allait prendre une toute autre dimension, puisque, comme vous le savez, notre chère Moillettaz a succombé aux flammes le 4 septembre dernier, le lendemain de son 59ème anniversaire.

Les dégâts sont considérables, la seule partie restant debout étant le salon qui a malgré tout suffisamment souffert de la chaleur pour être inutilisable. Nous avons donc une ruine qu'il va falloir évacuer sous peu, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité. Quant aux causes, il faudra attendre les résultats définitifs de l'enquête en cours, mais au stade où nous en sommes, il est à prévoir que nous ne saurons jamais vraiment ce qui s'est passé.

Je ne vous cache pas que c'est le coeur très lourd que je suis monté sur les lieux pour me rendre compte de la situation et surtout, quelques jours plus tard, lorsqu'il s'est agi d'aller fouiller les décombres pour remplir la déclaration de sinistre. Avec tout d'abord beaucoup de peine à réaliser que ces poutres calcinées étaient réelles, avec ensuite une grosse pensée pour tous ceux qui y ont investi du temps, à commencer par ceux qui ont participé, travail de titans, à sa construction. Et enfin... Tant de bons moments et souvenirs partis en fumée... Le dernier en date étant cette superbe journée du mois de mai dernier, passée avec les actifs, à redonner une nouvelle jeunesse au dortoir et au salon et à faire plein de projets d'avenir.

Une fois le premier choc encaissé et les premières mesures administratives liquidées, le Comité des Anciens s'est immédiatement mis à l'ouvrage pour examiner ce qu'implique une éventuelle reconstruction. Ceci peut être résumé en trois points:

- Les finances: la cabane est assurée pour 75'000.- et nous sommes déjà certains de toucher une somme approchant ce montant, pour autant - et ceci est important - que nous reconstruisions et au même endroit. D'autre part, il est à prévoir que cela ne suffira pas et qu'il faudra trouver des fonds pour compléter.

- L'autorisation de reconstruire: c'est là que le bât blesse le plus. La Moillettaz a été édifiée à une époque où il n'y avait pas de plan de zone. Actuellement, elle se trouve en zone agricole et, ce qui aggrave son cas, en bordure de forêt. De plus, elle ne figure pas au cadastre, les seules traces officielles existantes étant le bail qui nous lie avec M. Regamey, propriétaire du terrain, et les conventions d'amenée et d'écoulement d'eau, trois documents enregistrés par le registre foncier. De plus, nous disposons d'une autorisation d'exploitation délivrée par le Service de Protection de la Jeunesse. Il n'est donc pas du tout dit que nous ayons l'autorisation de reconstruire. La commune de Pully s'étant déjà déclarée incompétente pour ce cas, nous devrons faire une demande de dérogation cantonale.

 

- L'accord de M. Regamey: dans une première entrevue, ce dernier nous a certifié n'avoir aucune opposition à une nouvelle cabane, tout en restant très flou sur l'après 2006, date de l'échéance du bail.

A partir de là, il nous est paru évident de chercher la réponse à trois questions:

- Voulons-nous reconstruire ?

C'est une réflexion que nous avons menée avec les actifs en partant de leurs besoins et de leurs disponibilités et en essayant de faire le plus possible abstraction de l'émotion du moment. Nous pouvons donc vous dire aujourd'hui que la réponse est affirmative et que Anciens et actifs sont déterminés à faire tout leur possible pour qu'il y ait une "Moillettaz bis".

- Pouvons-nous reconstruire ?

Il s'agit d'un problème juridiquement trop complexe pour que nous puissions le résoudre tout seuls. Nous avons donc décidé de le confier à un professionnel du droit. M. Jacques Zumstein, qui est un ancien de St-Paul et qui a accepté à titre gracieux de nous épauler dans ce domaine.

- Comment reconstruire ?

Il est un peu tôt pour en parler, tant que nous n'aurons pas répondu à la question précédente. Néanmoins, nous pouvons déjà dégager quelques perspectives d'avenir:

Il doit s'agir, pour des raisons juridiques, d'une construction mobilière (c'est-à-dire déplaçable). Il n'est donc pas possible d'envisager une cabane sur le même modèle que l'ancienne. D'autre part, et c'est un mini-scoop que je vous livre juste au moment de mettre un point final à cet article, l'entreprise Piasio, qui est chargée d'évacuer les décombres de la Moillettaz serait prête à nous céder gratuitement les matériaux d'une cabane de chantier qu'elle est en train de démonter à Crissier (cf.. encadré ci-dessous).

Voilà donc où nous en sommes à la mi-décembre 94. Vous voyez donc que le Comité des Anciens n'a pas chômé, même si la route est encore longue. A partir de maintenant, le réseau d'amitiés et de relations que constitue l'Association des Anciens et l'entourage du Groupe va être des plus précieux. Je dirais même que ce n'est qu'à condition qu'il fonctionne que la Moillettaz pourra être reconstruite. Et qui sait, peut-être qu'au-delà de la tristesse et de la nostalgie du présent va commencer une belle aventure qui ne pourra être que bénéfique pour l'Association et ses relations avec les actifs. Un service de plus que nous aurait rendu cette sacrée Moillettaz!...

A Suivre ....

Alain-Michel Rumpf

 

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