1999 - La reconstruction - Victoi... et m ...!

Tiré du Héraut N°100 - 1999

"Excusez-moi pour ce titre un peu grossier, mais il reflète assez exactement mon sentiment en cette fin d'août 1999, presque 5 ans jour pour jour après l'incendie de notre cabane de la Moilletaz.

En effet, à fin juillet, nous avons enfin reçu de la Commune de Pully, le permis de reconstruire. Je ne vous cache pas que pour moi, c'était un immense soulagement et presque l'euphorie après toutes ces années de bagarre et de douche écossaise. J'avais prévu de réunir le Comité des Anciens dès la rentrée pour organiser concrètement la reconstruction. Le Groupe avait même intégré un poste du rallye de la fête de la Moilletaz sur l'emplacement de la cabane. Et puis j'avais commencé un article pour le Héraut qui débutait par un résumé de ces 5 années d'errance. Ensuite, je continuais par vous inciter à ranimer la flamme peut-être vacillante après tant d'attente.

Et puis... et m... Un événement, dont je vous parlerai plus loin est intervenu. Un événement que l'on pouvait craindre, mais dont nous avions tout lieu de penser qu'il ne se produirait pas, m'a obligé à recommencer mon article et à rédiger celui que vous avez sous les yeux.

Mais pour bien comprendre où nous en sommes aujourd'hui, il me semble important de vous résumer ce qui s'est passé ces dernières années pour vous expliquer pourquoi tout a pris tant de temps:

- 4 septembre 1994, la cabane de la Moilletaz est détruite par un incendie dont nous ne connaîtrons jamais vraiment la cause, l'enquête s'étant finie par un non-lieu.

- Une fois les premières démarches liées à l'incendie terminées, le Groupe et l'Association des Anciens, propriétaire de la cabane, marquent leur volonté commune de reconstruire la cabane.

- Rapidement la Commune de Prilly nous fait savoir que cette reconstruction pose problème, le législation forestière étant devenue beaucoup plus sévère en la matière. De plus nos voisins directs, Mme Drayer avec qui nous avons déjà eu des problèmes par le passé, et son beau-fils, M. Marletaz, ingénieur géomètre et conseiller communal à Pully, ont déjà manifesté leur opposition à notre projet. Il faut savoir qu'un reconstruction dans un autre lieu est exclue car elle nous priverait de la moitié de l'indemnité de l'assurance incendie, sans parler de la difficulté de trouver un terrain déjà équipé en eau et en électricité.

- L'année 1995 se passe en négociations avec la Commune de Pully pour essayer de débloquer la sitriation. Dans l'entre deux, nous avons pu trouver, grâce à un membre du Comité des Anciens, travaillant chez Piasio, les éléments d'une nouvelle cabane.

- Mars 1996 : le dossier est débloqué une première fois. La Commune de Pully a demandé un avis de droit à la Centrale d'autorisation cantonale de construction qui émet un préavis favorable à notre projet, moyennant trois conditions : mise à l'enquête, négociations préalables avec nos voisins, aménagement d'un chemin d'accès évitant le terrain des Marletaz-Drayer.

- Mai 1996 : Rencontre avec M. Marletaz. Mme Drayer refuse de nous voir. Le premier se montre sensible à nos arguments, mais ne peut rien faire sans l'accord de sa belle-mère. Il nous propose de lui écrire nos propositions pour lui montrer notre bonne volonté. Nous envoyons à Mme Drayer un projet de convention. Ce projet va très loin , offrant par exemple à Mme Drayer un contrôle sur la gestion future de la cabane.

- Juillet 1996 : Silence radio de la part des Marletaz-Drayer. Cette dernière n'a même pas lu le contenu de nos propositions et refuse de nous rencontrez. La situation est bloquée à nouveau, mais nous décidons finalement d'aller de l'avant et de constituer le dossier de mise à l'enquête.

- Avril 1997: Parution de la mise à l'enquête dans la feuille des Avis officiels. Opposition des Marletaz-Drayer.

- Juin 1997: La Commune de Pully, tout en ne voulant par torpiller définitivement notre projet, est réticente à lever purement et simplement l'opposition. Elle nous propose en échange d'organiser une séance de conciliation. Mais les opposants refusent d'y participer.

- Août 1997: Nous recevons une prise de position spontanée de la CAMAC qui réaffirme être prête à faire une dérogation en notre faveur moyennant de nouvelles conditions : strict respect des gabarits de l'ancienne cabane et signature d'une convention définissant l'utilisation de la nouvelle cabane signée par le Service des forêts, la Commune de Pully et nous-même . Si la 2ème condition ne pose pas de problème, la première n'est pas envisageable. En effet respecter les gabarits signifient construire soit sur deux étages avec de gros problèmes de sécurité, soit sur un étage, mais sur espace si restreint que la cabane en deviendrait inutile pour le Groupe. On peut pousser le raisonnement plus loin en affirmant que cette cabane aurait été assimilée à un simple refuge forestier, ce que la Commune de Pully avait exclu d'emblée. Malgré cela, la prise de position de la CAMAC a été pour nous une ouverture inespérée, nous permettant de négocier directement avec elle. De plus la CAMAC était justement l'instance de recours à laquelle auraient dû faire appel les Marletaz-Drayer en cas de levée d'opposition. A partir de ce moment, nous avons collaboré étroitement avec un avocat, Maître Logoz, qui nous aide bénévolement dans ce dossier.

- Octobre 1997 : Une réunion a lieu sur place avec des représentants de la CAMAC et du Service des forêts. Ces derniers sont sensibles à nos arguments de sécurité et nous demandent d'en apporter la preuve en nous adressant au Service de protection de la jeunesse et à l'Assurance incendie. Les preuves ont été longues à obtenir, ce qui fait que nous n'avons pu les transmettre qu'en mars 1998.

- Juin 1998 : Le Service des forêts se rend à nos arguments et adresse un préavis favorable à la CAMAC.

- Eté 1998 : Notre dossier transite par pas moins d'une quinzaine de services cantonaux qui tous donnent un préavis favorable, moyennant des conditions d'usage qui figuraient pour la plupart dans le dossier de mise à l'enquête.

- Septembre 1998 : Parution dans la Feuille des avis officiels d'une décision de la CAMAC nous autorisant à reconstruire dans les gabarits que nous proposons. Cette décision va même plus loin puisqu'elle réfute point par point les arguments des opposants. Elle représente un levée formelle de leur opposition et est ainsi soumise à recours. Les Marletaz-Drayer ne l'utilise pas. Il reste alors à élaborer la convention citée plus haut.

- Hivers 1998-1999 : Négociations avec le Service des forêts sur le contenu de cette convention.

- Avril 1999 : La convention est signée.

- Juin 1999 : La Commune de Pully lève l'opposition des Marletaz-Drayer, mais la lettre qui devait les en informer reste en carafe.

- Fin juillet 1999 La Commune de Pully nous envoie le permis de construire. Victoire! Par acquis de conscience, je vérifie auprès de la Commune que nous avons bel et bien les coudées franches. Cette dernière nous avoue sa bévue il va falloir patienter 20 longs jours, le temps du délai de recours. Et c'est là qu'intervient le " et m...

- 18 août 1999 : La Commune de Pully m'informe que les Marletaz-Drayer ont fait recours auprès du Tribunal administratif.

C'est l'effondrement ! Un mélange de déception et de rage. De l'incompréhension aussi. Un petit " Sion 2006 " à nous ! Car si l'on pouvait craindre ce recours, 3e bonnes raisons nous faisaient penser qu'il n'en serait rien. La première est qu'il n'y avait eu aucune réaction après la décision de
la CAMAC en septembre dernier. Vous me direz que les opposants n'ont peut-être pas vu sa parution dans la Feuille des avis officiels. Inimaginable, lorsque l'on sait que cette publication est la lecture de chevet d'un ingénieur géomètre. La deuxième raison est que ce recours va coûter des sous aux Marletaz-Drayer. Beaucoup de sous. Outre le fait qu'ils ont dû prendre un avocat, une caution de 2500.- leur est demandée par le Tribunal administratif. Et ce n'est pas fini ! Pourtant, ils ont osé...

Alors que va-t-il se passer maintenant ? C'est encore un peu tôt pour le dire. Nous avons jusqu'au 16 septembre pour fournir au tribunal notre contre argumentation et les pièces du dossier qui nous sont demandées. Dans l'intervalle, nous aurons eu une réunion de Comité où, avec Maître Logoz, nous examinerons avec le maximum de recul possible le contenu de ce recours et la suit à lui donner.

Au-delà de cela, je ne peux actuellement que donner mon sentiment personnel. Premièrement, il s'agit de laisser redescendre la soupe et de garder la tête froide. Deuxièmement, force est de constater que ce recours n'amène que peu d'éléments nouveaux par rapport à la première opposition, ce qui hypothèque sérieusement ses chances. Mais là, je ne m'avancerai pas plus avant dans les pronostics. Je suis vacciné. Troisièmement, nous sommes avancés trop loin dans le dossier, nous avons touché trop prés du but pour renoncer maintenant.

C'est la position que je défendrai ces prochaines semaines Mais pour cela, il faut que le Comité des Anciens sente que vous tous, actifs, parents, anciens et amis du Groupe êtes derrière nous. Nous avons besoin de sentir votre soutien moral et de savoir que chacun d'entre vous tient à ce que la Moilletaz renaisse de ses cendres. Le jour où j'aurai clairement l'impression que le Comité est un dernier carré d'irréductibles Gaulois défendant la village que vous savez, alors là, je dirai stop et les Marletaz-Drayer auront gagné leur pari. Ce jour-là sera pour moi bien plus noir que le 18 août 1999."

Votre dévoué Alain-Michel Rumpf

Notre histoire