1980 - Louvettes et éclaireuses à St Paul (bis)?

Mon intention n'est
nullement d'engager une polémique avec Jean-François, d'une part parce que le
sujet n'est pas assez brûlant pour cela, d'autre part parce que chacun a le
droit d'avoir ses opinions, ceci d'autant plus que je suis du même avis que lui
sur plusieurs de ses arguments. Non, il s'agit plutôt pour moi d'apporter ma
contribution à ce sujet et de nuancer certains points. Si j'ai bien compris le
sens de l'article de Jean-François (cf Héraut no 51), son principal souci est
que l'on ne se lance pas à la légère dans la création d'une unité féminine,
qu'on y réfléchisse à deux fois en tenant compte d'un certain nombre de
critères. Ce en quoi il a tout à fait raison, C'est dans le croix de ces
critères et dans l'importance qu'il leur donne que je diverge en partie
d'opinion et que je me propose de baser mon article, en précisant que moi-même,
suis très partagé sur cette question.

Tout d'abord je
crois que, si le problème des éclaireuses est venu sur le tapis, à St Paul, il
ne s'agit pas de céder, à une mode (d'abord est-ce véritablement une mode), ni
l'ambition de posséder un grand nombre d'unités (nous laissons ce soin à
d'autres groupes). Les vrais mobiles vont apparaitre dans la suite de cet
article. Mais Venons-en aux critères.

Celui qui me touche
le plus (et qui n'apparaît que très brièvement dans l'article de
Jean-François), c'est celui de la meute Kanatanki. En effet, s'il y a une unité
à créer actuellement, c'est bien la meute sensée alimenter la troupe Per­ceval.
Cette meute supprimée à la légère il y a maintenant 8 ans, a, à mon avis la
priorité dans l'ordre des préoccupations, du groupe dans ce domaine.
Et le moment sera proche où nous aurons les moyens, il me semble, de le faire
dans la mesuré où la maîtrise louveteaux commende à être complète et que les
condi­tions potentielles du quartier de St Luc pour une telle création sont
réunies (population, Contacts avec la société de développement du Nord, avec
les paroisses, etc...).

Passons maintenant
aux 6 critères considérés par l'article en question:

1.
Que les unités
actuelles soient  renforcées quant à leur
effectif:
c'est un argument
discutable dans la mesure où la création d'une unité féminine pourrait
entraîner un phénomène de boule de neige. En effet, cette unité sera d'une mare certaine alimentée
d'un côté par des soeurs d'éclaireurs et d'un autre dos filles extérieures au
groupe. Or, il y a de fortes chances pour que ces dernières amènent avec elles
leurs frères! D'où la conclusion que la création d'une unité féminine ne
nuirait non seulement pas à l'effectif; mais encore augmenterait celui des
garçons.

2.
Que les unités actuelles soient renforcées quant à leur
maîtrise:
entièrement d'accord avec cet argument, encore que, comme je l'ai déjà dit
plus haut, cela commence à être le cas en ce qui concerneles
cheftaines:

3. Trouver au moins deux cadres formés et capables: rien à dire à part que c'est, à mon avis, le noeud même du problème.

4. Qu'un réel besoin se fasse  sentir: je ne sais pas s'il y a besoin au niveau du groupe, mais en tout cas il
existe au niveau de la population. A cela 2 exem­ples: a) depuis
trois ans que je suis chef de branche, le nombre de parents ré­clamant une
unité féminine pour leur fille, est assez considérable; b) lors d'une récente
campagne de propagande pour la troupe Tramontane (2500 circulaires dis­tribuées
dans les boîtes aux lettres), sur 10 réponses reçues (pour le moment), 4
demandaient simplement des renseignements sur le groupe, 2 voulaient s'inscrire
aux éclaireurs et 4 avaient l'intention de mettre leur fille (8-13 ans) au
groupe. J'ai malheureusement du leur répondre négativement (étonnement de leur
part).

5. Que des appuis soient trouvés (paroisses, équipe
cantonale,  association canto­nale):
je ne crois pas qu'il y ait de problème de ce côté-là. La
paroisse a donné son appui à des JP mixtes, à des cadets mixtes, elle soutient
largement le Groupe; je ne crois pas que ce soit la création d'éclaireuses ou
de louvettes qui remet­te en question ce soutien. L'équipe cantonale n'a pas de
politique différente avec les groupes mixtes d'avec les autres! L'association
des éclaireuses, sur ce point-là, soutient les troupes éclaireuses intégrées
dans des groupes éclaireurs. Les seuls problèmes pouvant survenir, seraient au
niveau des complications dues à deux contrats d'assurance, ce qui a été résolu
de manière plus ou moins satisfaisante par les groupes confrontés à cette
difficulté.

6.
Que ce  supplément de charges (financières,
administratives et d'animation) ne déséquilibre pas le Groupe:
le supplément de charge serait surtout administra­tif (déséquilibrerait-il
le Groupe?); au point de vue financier, les charges supplémentaires seraient
compensées par l'afflux de nouvelles cotisations (revenu principal du Groupe
avec les soirées); quant à l'animation, cela ne pose, à mon avis, pas grand'
problème, étant entendu que les points 2 et 3 soient résolus! J'irai même plus
loin en disant que la création d'une unité féminine constituerait un réservoir
de cheftaines non négligeable avec le grand avantage de stabiliser la moyenne
d'âge de ces dernières à 15 ou 16 ans.

Il s'ensuit qu'à la
question de savoir s'il faudrait d'abord mettre en place les
louvettes ou des éclaireuses j'opterais plutôt pour la deuxième solution et ce­ci
pour deux raisons: a.) cela rapprocherait d'autant le moment où le
recrutement et l'âge des cheftaines serait stabilisé ;b) d'autre part, il me
semble que créer d'abord les louvettes, serait courir le risque de ne pas avoir
pu mettre en place une unité éclaireuse au moment où les premières louvettes
atteindront 11 ans (âge de passage aux éclaireuses), ces filles s'évaporant
alors dans la nature et étant perdue pour le
Groupe. Alors qu'à l'inverse, assurer une troupe d'éclai­reuses, nous
permettrait de voir venir et d'attendre le moment le plus propice pour
introduire les louvettes.

 En conclusion, au
vu de ce qui précède, je pense que l'apport d'unités fémini­nes à St Paul
serait un élément très positif pour le Groupe et comporterait é­normément
d'avantages, les inconvénients n'étant pas insurmontables; mais, malgré cela,
ma position est quo la meute Kanatanki passe en premier dans l'ordre des
priorités, en particulier pour l'équilibre de la branche éclaireur. Par contre,
je suis certain que le groupe devra créer fine unité féminine à moyen terme;
nous ne pouvons pas ignorer très longtemps le 50% de la jeunesse de manière
justifiable et ceci uniquement avec des arguments conjoncturels.

Alain-Michel Rumpf
(Hamster)

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